Changer de drapeau pour relancer sa carrière, c’est le pari de Wallys Khiri, gymnaste de 18 ans, qui représentera désormais le Maroc, l’un de ses pays d’origine, sur la scène internationale. Un tournant assumé, entre ambition sportive et attachement personnel à un pays qui fait partie de ses racines et où il part se ressourcer très régulièrement. Toujours licencié au club de Tomblaine, où il a été formé et où il s’entraîne, il reste également pleinement engagé dans le projet de développement du collectif, dont il est aujourd’hui l’un des piliers.

Son histoire avec la gymnastique commence très tôt. Presque naturellement. Wallys a 4 ans lorsqu’il découvre la baby-gym au club de Tomblaine, où 15 ans plus tard il est toujours licencié. « Mes deux grandes soeurs faisaient de la gym et j’ai voulu faire comme elles », explique-t-il.

Très vite, le jeune gymnaste montre des dispositions évidentes. Repéré par son entraîneur, il gravit les échelons un par un, enchaînant les compétitions régionales puis nationales. « J’ai commencé à avoir mes premiers résultats en zone et tout s’est ensuite un peu enchaîné », sourit-il. En 2018 et 2019, il s’impose aux championnats de France élite en avenir. « J’étais bien lancé mais ensuite il y a eu le COVID et ça a été un peu plus compliqué pour moi. J’ai beaucoup grandi, j’ai pris 20 centimètres en quelques mois et lorsqu’on a pu reprendre l’entraînement, je n’avais plus du tout les mêmes sensations. »

Mais il s’accroche et valide son entrée au pôle de Lyon à son entrée en Seconde, en 2021. Entré relativement tard dans la structure par rapport à d’autres gymnastes qui rentrent dès les premières années de collège, Wallys y passe quatre années. Une expérience très formatrice, mais également contrastée. « Tout se passait super bien au niveau des entraînements, avec mon entraîneur, on s’entendait très bien, mais les résultats étaient un peu mitigés. J’étais toujours en élite mais je ne faisais plus de podium. C’est là que j’ai commencé à avoir cette impression de ne plus progresser, que ça n’avançait plus », confie-t-il.

Et dans un système français extrêmement dense, la concurrence est rude, très rude même, et les sélections en équipe de France lui échappent. « Le niveau français est très élevé. C’est très difficile de rentrer dans l’équipe senior et Wallys avait conscience de la situation » , explique Daniel Radeanu, son entraîneur à Tomblaine. Alors progressivement, une autre idée fait son chemin.

Le Maroc comme évidence

Dès sa deuxième année au Pôle, Wallys envisage un changement de nationalité sportive. Une option rendue possible par ses origines, marocaines par son père, algériennes par sa mère. « J’ai la triple nationalité, française, marocaine et algérienne, mais c’est vrai que le Maroc m’est apparu comme une évidence. J’ai toute une partie de ma famille là-bas, j’y vais très régulièrement et je connaissais des gyms qui étaient dans l’équipe nationale aussi donc le choix s’est fait naturellement. »

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