De la petite fille débordante d’énergie qui “rebondissait partout” dans la salle de Leers à la jeune internationale désormais pensionnaire de l’INSEP, Caly Chayani a grandi sans jamais perdre son sourire ni son enthousiasme. Partie de chez elle à seulement 8 ans pour poursuivre son rêve, la gymnaste aujourd’hui âgée de 15 ans a surmonté l’éloignement, les changements de structure et une importante blessure au coude. Vice-championne de France junior au concours général et victorieuse du match international U15 cette saison, elle s’apprête désormais à découvrir les championnats d’Europe à Zagreb, du 13 au 16 août. Portrait.

Cały Chayani et son enthousiasme légendaire. Photo Maëlie Abadie / Spot Gym

 

Il y a d’abord ce sourire. Celui qui précède souvent les mots, accompagne les entraînements et résiste même aux journées les plus longues. Chez Caly Chayani, ce sourire ne relève ni de la posture, ni de l’habitude, il semble être une manière d’avancer. De prendre les étapes comme elles viennent, sans jamais les minimiser. Car derrière cette légèreté apparente, il y a déjà un parcours dense. Une enfance rythmée par les kilomètres, les départs, les nouveaux visages, les nouvelles salles. Leers, Dunkerque, Meaux puis l’INSEP. À chaque fois, recommencer. S’adapter. Grandir un peu plus vite que les autres. Et continuer, toujours, à monter sur les agrès avec la même envie.

L’histoire commence à Leers, une petite ville du Nord de la France. “Caly était une petite fille avec une énergie débordante, et nous cherchions un sport qui lui permettrait de se dépenser. Comme il y avait un club de gymnastique près de la maison, nous avons décidé de l’inscrire” , raconte Brahim, son papa. Un choix anodin, fait sans imagier un seul instant que la suite allait être celle-ci. “Nous n’aurions jamais pensé que tout cela arriverait derrière.” Et pourtant, dès ses premiers moments dans la salle, Caly Chayani, tout juste âgée de 5 ans, ne tarde pas à se faire remarquer. “Elle a fait une journée dans un groupe, et on m’a appelée en me disant : Peggy, il faut que tu la prennes avec toi ! Elle rebondit partout et il y a déjà des choses qu’elle sait faire” , se souvient Peggy Wulens, son entraîneur à Leers. Caly change alors de groupe. Elle observe, écoute et apprend à une vitesse impressionnante. Elle passe rapidement de deux à quatre entraînements par semaine et rejoint, en parallèle de son groupe d’âge, des gymnastes parfois âgées de cinq ou six ans de plus qu’elle. “On lui montrait un élément et à l’entrainement suivant, elle revenait, tout sourire, en nous disant : ‘ça y est, je sais le faire” , sourit Peggy. “Elle percutait tout de suite, elle était toujours souriante, pétillante et demandeuse d’en apprendre toujours plus.”

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